Au Griffon griffonnant - blog

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mardi 29 juillet 2008 à 03:43

Sensations V

Je comparais tantôt les machines de ce lieu à des chats ; ce sont de bons gros matous d'appartement, gras, lourds, figés - de l'extérieur - et au comportement plutôt canin, à dire vrai, l'obéissance est leur mot d'ordre.
Moi aussi, je suis un chat, mais sauvage. Je ne suis pas, je ne veux pas être un robot, et j'emplis mes mouvements de la fluidité et de l'improvisation de la vie. Maladroite par moments - combien de fois ai-je fait miauler mes compagnes de métal par une caresse malavisée -, mes moindres gestes, prendre une boîte sur l'étagère, la poser sur le chariot, amener ce dernier à travers les boulevards de la salle, marchant parfois sans le toucher, entraîné qu'il est par l'inertie de ma poussée, et reposer mon butin sur un équipement, se veulent pleins non de grà¢ce, mais de rondeurs, de courbes, limant les angles droits et tournant sur moi-même ; je passe entre les gens à l'égyptienne pour ne pas les gêner, l'espace est parfois bien exigu ; je roule, tourneboule, sans courir - c'est interdit, quel dommage.
Je me veux pleine de vie, fertile dans cet environnement aseptisé, électron fort massique - contradiction, j'aime - dans un endroit d'où l'on bannit les particules.

Il ne faut jamais dire "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau" ^^ Je ne dis plus rien sur la continuation de cette série, et laisse faire mes idées au moment où elle viennent, voilà .

lundi 14 juillet 2008 à 17:45

Sensations IV

Dans mon nez, la prenante coumarine de l'herbe fraîchement coupée ; dans ma bouche, l'amertume sucrée d'un bonbon à la canneberge ; sous mes pas, une route habituelle. Le ciel zébré de fils - je marche parallèllement au tram - est brûlé par le soleil, de même que mes épaules. Les oiseaux cachés trillent, ajoutant à mon plaisir.
Puis je quitte la terre, embarquant soudainement sur un navire rouge, un grand pont, un trois-piliers, qui tangue doucement sous mes pieds. Je m'arrête pour le mieux sentir - sentir encore - et me laisse glisser dans ce vertige, plongeant mes yeux dans l'eau, accoudée au bastingage.
Mais l'heure tourne, je reprends ma marche, le pont grince - pour me retenir ? - mais, impassible, je le quitte.
Ma journée m'attend.

Pour les nouveaux ("comment Ça, y en a pas ?"), ce texte fait suite à trois autres, sur les sensations qu'offre ce magnifique monde à notre pitit corps humain. Ces mini-nouvelles ont ensuite dérivé sur mon lieu de travail (temporaire), puisque j'y passe quand même pas mal de temps, au milieu des machines ^^
Celui-là sera probablement le dernier, j'ai fonctionné sans le vouloir de faÇon antéchronologique, commenÇant par mon retour un soir, et finissant donc sur mon départ vers le boulot =)